Sable et Ciel : Beethoven, La démesure - COMPLET
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Culture / Loisirs
Concert
- Mise à jour le 09/01/2026
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Le Dimanche 11 Janvier 2026 de 17:00 à 18:15
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Auditorium du Conservatoire
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Handicap moteur
Une énergie indomptable traverse l’Ouverture d’Egmont et explose dans la Symphonie n°7. Inclassable, libre, excessif - Beethoven déchaîne les passions, divisant la critique de son époque, unissant les esprits de la nôtre. La beauté de la démesure et la puissance de l’inspiration.
Programme
- Petit hymne à la joie à l’unisson : prélude par 11 jeunes élèves cornistes du conservatoire (durée 2 minutes)
- « Egmont », op. 84, Ludwig van Beethoven (durée 10 minutes)
- Symphonie n°7, Ludwig van Beethoven (durée 40 minutes)
Direction musicale : Gonzalo Bustos
Juillet 1789 : toute l’Europe est secouée par l’annonce d’une révolution en France qui remet en cause des siècles de traditions. Dans le sillage des Lumières, les notions de liberté, d’égalité et de fraternité émergent.
Un jeune musicien allemand, Ludwig van Beethoven, est tôt séduit par ce mouvement. Lorsqu’il quitte en 1792 sa Bonn natale pour la capitale européenne de la musique, Vienne, un espace de liberté s’ouvre à lui. Il compose, mais est surtout connu comme un virtuose du piano. Formé dans la tradition classique de Mozart qui vient juste de mourir, élève de Haydn qui admirait son indépendance, Beethoven voit soudain son horizon s’obscurcir. Une surdité bruyante lui interdit peu à peu d’être instrumentiste. De plus le public viennois reste très critique sur son jeu empli d’émotions et d’expression, d’enthousiasme et d’ardeur. En 1802 — il a trente-deux ans —, il sait qu’il sera sourd. Au désespoir succède une fièvre créatrice, enrichie par le renouveau des idéaux révolutionnaires en France. Il dédie ainsi sa troisième symphonie “héroïque” au jeune général Bonaparte. Quand ce dernier se couronne empereur, il biffe sa dédicace : il doit chercher l’expression de la liberté ailleurs qu’en France. Et tout d’abord, il décide d’être libre dans son écriture, dans les formes qu’il adopte.
Beethoven compose aussi bien de la musique de chambre, des messes, des concertos que de la musique symphonique. Si son opéra, “Fidelio”, n’a pas recueilli immédiatement le succès escompté, cela ne l’empêche pas d’écrire des musiques de scène. C’est ainsi qu’il propose en 1809 pour le drame de Goethe “Egmont” une suite de pièces qui, après une ouverture brillante, accompagne, soutient, développe l’histoire de cet homme, symbole de résistance contre l’arbitraire et l’oppression, libre jusqu’à en mourir. Comme dans “Fidelio”, où Léonore va jusqu’à se travestir et à risquer sa vie pour sauver son mari emprisonné par un pouvoir tyrannique, Claire est la seule à se dresser pour sauver Egmont, son amant tolérant, idéaliste et fidèle à ses idéaux de justice, abandonné lâchement par tous ceux qui le soutenaient. Cette oeuvre au caractère héroïque et tragique ancre définitivement Beethoven dans le romantisme. « Je n’ai encore jamais vu un artiste plus puissamment concentré, plus énergique, plus intérieur. C’est malheureusement une personnalité tout à fait indomptée » disait de lui Goethe. Ces mots reflètent le tempérament explosif d’un Beethoven qui, après l’avoir rencontré, trouve l’auteur — qu’il ne cesse pourtant d’admirer — trop conservateur et courtisan.
Sa liberté, Beethoven la montre aussi en transformant la façon de penser la symphonie. Avec une écriture, d’une densité typiquement allemande — généreuse, riche, puissante — il propose, visionnaire, de nouvelles formes, de nouveaux contrastes, inspirant jusqu’à Johannes Brahms, Igor Stravinsky * ou Caroline Shaw **.
Composée en 1811-1812, sa Symphonie n° 7 est créée sous sa direction le 8 décembre 1813, à Vienne, lors d’un concert patriotique. Elle ne laisse pas insensible : elle s’attire des critiques acerbes (C. M. von Weber : l’auteur est “bon pour l’asile” ; F. Wieck : “Cette symphonie n’avait pu être composée que dans un état malheureux, à savoir ivre, notamment le premier et le dernier mouvement.”) mais à la création, le deuxième mouvement est immédiatement bissé et la presse rapporte un “accueil exceptionnel”, “surpassant tout ce que l’on a connu jusqu’alors dans les salles de concert”. “Il faut entendre cette dernière oeuvre du génie B. lui-même, et sans doute aussi bien interprétée qu’elle l’a été ici, pour pouvoir apprécier complètement sa beauté et en profiter pleinement.”
Patriotique, la Symphonie n° 7 est très vite perçue bien plus comme une célébration du rythme et de l’énergie : plus ambitieuse, plus libre, plus dansante. Comme le rappelle le chef d’orchestre Hermann Scherchen, chacun des quatre mouvements est inspiré par une danse : la forlane (Poco sostenuto — Vivace), la passacaille (Allegretto), le menuet (Presto), le rondo (Allegro con brio).
Wagner, quant à lui, y voit « l’apothéose de la danse elle-même : c’est la danse dans son essence supérieure, l’action bienheureuse des mouvements du corps incorporés à la musique, […] la fusion du corps et de l’esprit ».
« Ce qui suscite mes idées, ce sont des dispositions d’esprit [Stimmungen] qui s’expriment avec des mots chez le poète, et qui s’expriment chez moi par des sons, résonnants, bruissants, tempêtants, jusqu’à ce qu’enfin ils soient en moi de la musique. » expliquait Beethoven à Louis Schlösser, un jeune musicien ami.
* Découvrez Stravinsky par Sable et ciel, ensemble orchestral, dimanche 29 mars 2026 à l’auditorium du conservatoire.
** Découvrez Caroline Shaw par l’ensemble Sillage vendredi 3 avril 2026 au Quartz.
Les textes de ce programme sont le fruit des recherches des élèves de la classe d'analyse et culture musicale de Ruth Matarasso au conservatoire.
- Flûtes : AnaÏs Le Clech, Céline Moraud-Langlet
- Hautbois : Nathalie Le Brazidec, Grégoire Pluet
- Clarinettes : François Marquet, Michel Dissegna
- Basson : Victor Cariou, Martin Batany
- Cors : Antoine Bouissonnié, Colin Peigné, Gabrielle Hajduch, Etienne Mercet
- Trompettes : Emilie Rouvreau-Chauvineau, Frédéric Ravily
- Percussions : Quentin Giraud
- Violons 1 : Arthur Soulès, Laure Juillard, Rui‑Xian Liu, Muriel Guerinel, Hélène Callonnec, Mathilde Falala, Estelle Hiron, Odélyne Marie‑Cousté, Tania Cochelin, Matthieu Durrheimer, Pascal Jolivet, Chistelle Lalles.
- Violons 2 : Guillaume Laborde, Nolwenn Visset, Bruno Van Roy, Marie Bouchier, Marion Foulquier, Claire Chauvel, Alexandre Fourreaux, Juliette Simon Bernardon, Jean-Marie Lions, Stella Guerrier
- Altos : Laure Ramon, Armelle Gillon, Geoffroy Scrive, Christelle Charvet, Sophie Piat, Léo Jiao, Awami Kollo
- Violoncelles: Guillaume Fichter, Rémi Petit, Auriane Macé, Pauline Hublet, Sophie Hernandez, Anne Roturier
- Contrebasses : Jean-Michel Depret, Cédrick Alexandre, Simon Le Doaré
Gonzalo Bustos
Gonzalo Bustos succède à Marc Schuster Gonzalo Bustos succède à Marc Schuster pour assurer la co-direction artistique de l'ensemble orchestral avec Sophie Thierry, directrice du conservatoire.
Gonzalo Bustos est un compositeur et chef d’orchestre talentueux, reconnu pour son exploration audacieuse de la musique classique et contemporaine. Sa musique cherche à créer une ouverture sensible, invitant l’auditeur à une écoute émotionnelle profonde. Inspiré par des influences de musique du monde et des courants actuels, il fusionne habilement les sonorités traditionnelles et les textures modernes.
Directeur artistique de l’ensemble Sillages, il met en valeur des œuvres contemporaines tout en dirigeant des classiques du répertoire avec une approche captivante. Il est également directeur du festival Electrocution.
En résidence de composition au Conservatoire à Rayonnement Régional de Rennes, il y enseigne également la direction d’orchestre et la composition. Son œuvre novatrice et sensible est présentée lors de festivals internationaux.
Le concert est complet pour dimanche 11 janvier. Des places peuvent toutefois se libérer. Consulter régulièrement la billetterie en ligne
Abonnements et billets individuels
- Vente en ligne des abonnements et billets tous tarifs
- Vente à l'accueil du conservatoire, 16, rue du Château du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h45. Le samedi matin de 9h à 12h. Paiement par carte bleu, espèces ou chèques.
- Vente le jour du concert, à l'auditorium du conservatoire, à partir de 16h15.
Tarifs
- Plein tarif : 18 €
- Abonné : 14 €
- Tarif de groupe, à partir de 5 billets achetés simultanément -personne morale ou association : 14 €
- Parents d’élèves du conservatoire : 10 €
- Tarif réduit (sur présentation d’un justificatif) : 6 € pour les étudiantes et étudiants, demandeuses, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap (gratuit pour l’accompagnateur), moins de 18 ans.
- Élèves du conservatoire : exonéré (billet obligatoire)
Personnes à mobilité réduite
Pour organiser au mieux l'accueil des personnes à mobilité réduite et de celles qui les accompagnent, contactez au préalable le conservatoire au 02 98 00 89 99 ou conservatoire-de-musique@brest-metropole.fr.
- 9, rue Emile Zola, Brest : Tram arrêt « Château » à 500 mètres.
- La salle de spectacle est accessible aux personnes à mobilité réduite.
- Accès rue Émile Zola de plein pied / 3 places de stationnement pour personnes à mobilité réduite.
- L’équipement dispose de 10 emplacements pour fauteuils roulants en devant de scène.
- Toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite au rez-de-chaussée.
- Pas de boucle magnétique.
- L’accès aux spectacles est déconseillé aux enfants de moins de 3 ans.
- Toute place réservée doit être réglée dans les 5 jours ouvrés sinon elle sera annulée. Les billets ne sont ni repris, ni échangés, ni remboursés (sauf en cas d’annulation du spectacle).
- La prise d’images et de son est interdite dans les salles de spectacles.
- Les téléphones portables doivent être éteints pendant la durée du spectacle.
Auditorium du Conservatoire
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Rue Emile Zola
29200Brest - 02 98 00 89 99