Portrait

Portrait : Marta Gliozzi, professeure d'orgue

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Tous les mois, découvrez le portrait d’un.e agent.e du conservatoire (personnel enseignant, administratif ou technique).

C'est du côté de l'équipe pédagogique que la série de portraits de la saison continue avec Marta Gliozzi, professeure d’enseignement artistique en orgue et musique ancienne.

Quelles sont tes missions ?

J’enseigne l’orgue et la musique de chambre au sein du département musique ancienne depuis 2004 et j'anime avec 3 collègues un atelier musiques et danses de la Renaissance. J’assure les cours du 1er cycle jusqu’au 3e cycle préparant au diplôme d’études musicales (D.E.M).  Le conservatoire dispose d’un instrument Emeriau et nous avons fait l'acquisition d'un orgue Collon installé depuis 8 ans à la chapelle Delcourt-Ponchelet.


Je suis passionnée par ce métier qui évolue sans cesse depuis 15 ans. Il faut rappeler que cet instrument imposant se joue avec les mains et les pieds. Avant l’apprentissage de l’orgue était réservé à des musiciens destinés à devenir maîtres de chapelle, ayant déjà des bases en piano ou en clavecin et suffisamment grands. En effet, la hauteur de l’orgue imposait une taille minimum pour pouvoir accéder à la fois au clavier et au pédalier.


Puis s’est produit une véritable petite révolution. Les métiers évoluent et la pratique de l’orgue s’est ouverte au plus grand nombre et aux plus petits. Aujourd’hui, on peut démarrer dès l’âge de 6 ans. Pour cela, il faut adapter l’instrument aux enfants et faire évoluer les contenus des enseignements. On dispose de systèmes de sur-pédaliers ou encore des sous-pupitres qui permettent de réduire la hauteur. Nous sommes plusieurs pédagogues passionnés à chercher des solutions pour rendre l'orgue accessible aux tout jeunes. Côté cours, il faut proposer des répertoires adaptés. À ce titre, j’ai déjà publié une anthologie de l’orgue en 3 volumes pour débutants, co-écrite avec mon collègue rennais Damien Simon, "L'orgue aux mille saveurs" aux éditions Buissonnières


Mais la réflexion se poursuit plus globalement. La semaine dernière, je participais à un colloque national sur l’orgue. L’idée serait de rédiger un cahier des charges en vue de créer une pédagogie commune et un répertoire adapté (par une commande de compositions par exemple).


L’orgue se joue donc avec les 4 membres. On sait que les enfants acquièrent la latéralité (le choix de la main et pieds dominants) vers 6-7 ans. Dans mes cours, je travaille beaucoup la motricité fine, les activités sensorielles qui participent à ce processus de latéralisation.

Que dirais-tu à un.e futur.e élève pour lui donner envie de jouer de la musique traditionnelle ?

Je leur dirais d’abord que c’est un instrument très étonnant, qui éveille la curiosité. Il dispose de plusieurs claviers et produit tous les sons imitant l’orchestre. Et le répertoire s'étend du moyen-âge à nos jours !

Tu peux nous en dire plus sur ton parcours / ta formation ?

Je suis professeure d’enseignement artistique. J’ai débuté la musique à 6 ans en Italie en chant choral puis en piano. Je suis très imprégnée par la culture italienne et française car j’ai beaucoup voyagé entre les deux pays durant mon enfance.

A 13 ans, je rentre au Conservatoire de Turin où je vis un moment décisif. Pour l’anecdote, je me trompe de salle le jour de mon concours d’entrée. Inscrite pour passer l’audition de piano, je me retrouve par erreur en salle d’orgue. Je tombe immédiatement amoureuse de l’instrument et je passe l’audition en orgue avec succès.

Après 10 ans d’études, je pars me perfectionner au Conservatoire à rayonnement régional de Lille dans la classe de Jean Boyer. Engagée ensuite par l’établissement tant que professeure de piano et formation musicale, j’y crée aussi une classe d’italien pour chanteurs. En 1995 je m'installe en Bretagne et j'ouvre une première classe d'orgue à l'école de musique municipale de Douarnenez .

Puis en 2004, je suis recrutée au conservatoire à rayonnement régional de Brest métropole, sur le poste que j’occupe aujourd’hui. Avec un mari breton, venir travailler ici était une évidence ( sourires ! ). En plus d’être une superbe région, il faut savoir que le Finistère est riche de plus de 80 orgues restaurés, un petit paradis pour l’organiste que je suis !

Et ton actualité, scène / concerts ?

Samedi 21 décembre, les élèves seront à nouveau en concert pour un "Autour de l’orgue", à 14h30 à la chapelle Delcourt-Ponchelet .

Puis, à partir de janvier, les élèves jouent une série de 3 concerts (17 janvier, 20 mars et 5 juin) à 20h30, au Temple protestant de Brest. Le projet, baptisé Intégrale consiste à interpréter intégralement une œuvre ou un cycle d’œuvres, répartis sur une ou deux années.

En dehors du conservatoire, j’ai fondé le quatuor de musique ancienne Fiamma e foco (Elodie Bouleftour, Armelle Morvan, Hugo le Moël et moi-même). Nous programmons des concerts et projetons l’enregistrement d’un disque.

Avec Hervé Lesvenan et le collectif Ars’ys, co-fondé en 2001, on poursuit le travail de création et la tournée du spectacle musical Navigation II en France et à l’étranger.

En marge de tout cela, je suis aussi directrice artistique de la saison Musiques à Crozon. L’occasion de faire de belles rencontres.

Merci Marta !